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Violences psychologiques parentales : quand le système nerveux reste en mode survie


Quand le corps apprend à se taire

Comprendre le figement émotionnel issu des violences psychologiques parentales

Dorothée est venue un jour dans mon cabinet et m’a dit, presque d’une traite :

« Je n’y arrive plus. J’ai du mal à trouver ma place. Je suis remplie de peurs. Je n’ose pas. Quand mon mari me fait une réflexion, je me tais, je me recroqueville. Je suis dépassée par mes émotions, j’ai l’impression de ne plus savoir gérer ma vie. »

Elle ne se décrivait pas comme une femme faible. Elle se décrivait comme une femme épuisée, confuse, honteuse de ne “pas réagir”.

Alors je l’écoute. Et comme souvent, je ne m’arrête pas au symptôme. Je creuse.

Ce qui ne ressemble pas à un événement… mais à un climat

Très vite, Dorothée me parle de son enfance. Ou plutôt, du climat dans lequel elle a grandi.

Ce n’est pas une succession d’événements isolés. C’est un environnement relationnel chronique fait de :

  • dévalorisation répétée

  • humiliations publiques et privées

  • absence totale de réparation émotionnelle

  • insécurité affective permanente

  • inversion des rôles (l’enfant devant s’adapter à l’adulte)

Nous sommes clairement face à une violence psychologique parentale chronique, principalement maternelle, avec un père présent physiquement mais non protecteur, silencieux, effacé.Et cette absence de protection renforce le traumatisme.

Quand la mère humilie, rabaisse, nie

Dorothée décrit une mère maltraitante, à fonctionnement pervers narcissique, qui maltraite insidieusement, verbalement, parfois physiquement.

Brimades émotionnelles et verbales

  • Rabaissements constants :« Tu ne fais jamais attention », « tu es maladroite », « bordélique », « tête en l’air »

  • Aucune reconnaissance : ni diplômes, ni accouchements, ni maison

  • Discours systématiquement disqualifiant ses choix, ses goûts, sa façon d’être

  • Comparaisons dévalorisantes (sœur, corps, intelligence, décoration…)

  • Mépris déguisé en humour ou en fausse bienveillance

Humiliations publiques

  • Gifles ou engueulades devant la famille

  • Réflexions humiliantes devant des tiers

  • Rires après l’injustice : « t’as eu une claque pour rien »

Invalidations émotionnelles graves

  • Négation de sa souffrance

  • Moqueries ou agressivité lorsqu’elle pleure

  • Absence totale de réparation après la violence

  • Déni de ses grossesses, dénigrement de sa maternité

Contrôle et disqualification

  • Études, métier, relations amoureuses

  • Corps, poids, vêtements, coiffure

  • Manière d’être mère, de tenir la maison

  • Loisirs, temps pour elle

Atteintes identitaires profondes

  • « On t’a faite parce que ta sœur voulait une sœur »

  • « Si j’avais eu un garçon en premier, je n’en aurais pas refait »

👉 Le message implicite est ravageur :« Tu n’es pas désirée pour qui tu es. »

Comment le système nerveux se construit dans ce contexte

Ce point est central. Car Dorothée ne “réagit pas” aujourd’hui non pas par faiblesse, mais par mémoire traumatique.

Enfance : installation du trauma

L’enfant grandit dans un environnement où :

  • l’amour est conditionnel

  • la sécurité dépend de l’humeur de l’adulte

  • l’erreur = danger

  • l’expression émotionnelle = humiliation ou punition

Le système nerveux apprend une chose essentielle :

« Me taire = survivre. »

Hypervigilance, figement, soumission adaptative

À l’âge adulte, le système nerveux de Dorothée fonctionne encore sur ces bases.

1. Hypervigilance permanente

  • Anticipation constante du reproche

  • Analyse excessive du ton, du regard, des mots

  • Peur de “mal faire”, même sans raison objective

2. Réponse de figement (freeze)

Face à l’autorité, au reproche ou au conflit :

  • sidération

  • impossibilité de répondre

  • confusion mentale

  • sensation d’être “prise de court”

👉 Le corps se coupe pour se protéger.

3. Soumission adaptative (fawn)

  • S’excuser même quand elle n’est pas en tort

  • S’accuser spontanément

  • Chercher à apaiser l’autre, au détriment d’elle-même

Les conséquences à l’âge adulte

Dans les relations

  • Hypersensibilité au ton autoritaire

  • Impression d’être toujours fautive

  • Difficulté à poser une limite sans culpabilité

  • Peur de décevoir ou de créer un conflit

  • Effondrement intérieur après les échanges (pendant plusieurs jours)

Sur l’image de soi

  • Honte diffuse et permanente

  • Sentiment d’infériorité

  • Doute constant sur sa légitimité

  • Impression de ne jamais être “assez”

Dans le corps

  • Fatigue nerveuse chronique

  • Ruminations incessantes

  • Blocages physiologiques anciens (ex : difficulté à uriner hors de chez soi)

👉 Le corps a appris très tôt à se contracter sous la peur.

“Pourquoi je ne réponds pas ?”

Il est essentiel de le dire clairement :

Ce n’est❌

ni un manque de caractère❌

ni de la faiblesse❌

ni de la passivité

👉 C’est une mémoire traumatique relationnelle.

Le cercle vicieux actuel

  1. Quelqu’un critique ou fait une remarque

  2. Le corps panique

  3. Elle se tait ou s’accuse

  4. L’autre prend plus de place

  5. Elle se sent nulle, honteuse

  6. Elle rumine pendant des jours

  7. La croyance se renforce : « je suis incapable »

L’axe thérapeutique : sécuriser avant d’affirmer

Avant toute “affirmation de soi”, il est indispensable de sécuriser le système nerveux.

Les priorités :

  • sortir du mode survie

  • réhabiliter la légitimité émotionnelle

  • apprendre à sentir avant de répondre

  • introduire des micro-réponses corporelles (respiration, ancrage)

  • travailler la désidentification de la voix maternelle internalisée

Ce que je lui ai dit

« Le problème n’est pas que vous ne sachiez pas vous défendre. C’est que votre corps a appris très tôt que se défendre était dangereux. Aujourd’hui, nous allons apprendre à votre système nerveux que ce n’est plus le cas. »

Et c’est souvent à cet endroit précis que quelque chose commence enfin à se relâcher. Pas dans la tête. Dans le corps.



Est-ce que vous vous reconnaissez dans ce mécanisme ?

Cet article ne remplace pas un accompagnement thérapeutique.

Si ces mots résonnent, c’est peut-être qu’un espace sécurisé est nécessaire pour vous.

ⓒMoodd'authenticité

Psychopraticien Médium

Accompagnant vers la libération et la l 'épanouissement

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