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Quand on subit les répétitions familiales : le transgénérationnel

il y a 20 heures
3 min de lecture

Dans ma vie d'avant, j'étais très loin de tout cela très loin de penser que le transgénérationnel pouvait avoir un impact sur ma propre existence. Pourtant, je savais que mes arrière-grands-parents maternels avaient déménagé treize fois, et qu'en 2015, j'en étais moi-même à mon quatorzième déménagement. Le chiffre m'a longtemps paru anecdotique. Il aura fallu des années d'études et l'accompagnement de plus de 300 femmes pour que je comprenne qu'il ne l'était pas.

Le transgénérationnel, c'est cette mémoire familiale invisible qui se transmet sans mots, parfois sur plusieurs générations, jusqu'à ce que quelqu'un, un jour, en devienne conscient et choisisse de la regarder en face.


Quand la violence traverse les générations

Ce que j'observe régulièrement en consultation dépasse largement le cadre de simples coïncidences. Ce n'est jamais un cas isolé : sur les centaines d'accompagnements que j'ai menés, je retrouve un même schéma qui revient, avec une régularité glaçante — des violences sexuelles qui touchent une génération, puis se répètent sur la suivante, puis parfois sur la troisième, sans qu'aucune des personnes concernées n'en ait eu conscience au moment des faits.

J'accompagne aujourd'hui une patiente qui a connu le viol, enfant puis adulte. Sa fille a elle aussi été violée durant son enfance, et son petit-fils a été victime d'attouchements. En reconstituant l'histoire familiale, tout laisse à penser que sa propre mère avait, elle aussi, connu ce même type de violence — sans que cela n'ait jamais été nommé.

Une autre patiente, qui a témoigné avec moi lors d'un live sur ce sujet, a été violée par le beau-père de sa mère — un homme qui avait lui-même violé l'une de ses propres filles. Plus tard, le petit-fils de cet homme a violé sa sœur. Trois générations, un même silence, un même schéma qui se rejoue tant que personne ne le regarde en face.

Ces histoires ne sont pas des exceptions tragiques et isolées. Elles illustrent une réalité clinique que je retrouve constamment : quand une violence n'est jamais nommée, jamais traitée, elle ne disparaît pas avec le temps. Elle se transmet, en silence, jusqu'à ce que quelqu'un, dans la lignée, choisisse de la regarder en face et de la stopper.


Pourquoi ça se transmet : ce que dit la science

Longtemps, le transgénérationnel a été perçu comme un concept uniquement psychanalytique, presque intuitif. Mais la recherche en épigénétique vient aujourd'hui éclairer ce mécanisme d'un jour nouveau. L'épigénétique étudie la façon dont notre environnement, nos expériences et nos traumatismes peuvent modifier l'expression de nos gènes — sans changer l'ADN lui-même, mais en influençant la façon dont il "s'exprime". Certaines études suggèrent que ces marques épigénétiques, liées à un stress ou un traumatisme intense, peuvent se transmettre sur plusieurs générations.

Au-delà de la biologie, il y a aussi tout ce qui se transmet de façon invisible dans l'éducation et les comportements : une mère qui a survécu à une violence sans jamais la nommer transmet, sans le vouloir, une vigilance particulière, un silence, une façon d'être au monde et parfois, paradoxalement, une forme d'aveuglement face au danger, précisément parce que le sujet reste tabou. Le corps se souvient, la psyché se souvient, et ce qui n'est jamais dit continue d'agir depuis l'ombre.


Se soigner, c'est soigner sa lignée

Je le dis souvent en consultation : quand on travaille sur soi, on travaille pour soi, mais aussi pour ses enfants. On soigne sa lignée. C'est le plus grand cadeau qu'on puisse se faire à soi-même et c'est aussi celui qu'on fait, sans le savoir encore, à ceux qui viendront après nous.

Casser une répétition transgénérationnelle, ce n'est pas seulement guérir une blessure individuelle. C'est arrêter une transmission qui, sans ce travail, aurait continué de se rejouer, génération après génération. J'ai d'ailleurs plusieurs patientes qui travaillent sur elle car elle veulent préserver leurs enfants et petit enfants


Si vous sentez que des schémas se répètent dans votre histoire familiale — des violences, des ruptures, des patterns de vie qui reviennent sans que vous puissiez les expliquer — ce travail de déconstruction est possible. C'est ce que je propose d'explorer avec vous, en consultation, pour identifier ce qui vous appartient réellement et ce qui vous a été transmis, afin de pouvoir enfin le déposer.

Christophe Fournier Desbonnet

Psychopraticien Médium


 
 
 

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