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Quand la mère enferme au lieu de porter : blessures invisibles et relations toxiques

"La plus grande tragédie, c’est que la cage ressemble à l’amour."— Anonyme

Une racine souvent ignorée

Dans ma pratique, je travaille beaucoup avec des patientes qui sortent de relations toxiques. Et très souvent, lorsqu’on remonte le fil de leur histoire, on retrouve une racine profonde : la relation avec la mère.

Une mère qui, sans toujours en avoir conscience, a pu transmettre des injonctions, des peurs, des attentes irréalistes. Une mère qui a aimé, oui — mais parfois à travers le contrôle, la culpabilité ou le chantage affectif.

"Toutes les mères blessent. La plupart le font sans le vouloir. Mais certaines le font sans jamais s’arrêter."— Clarissa Pinkola Estés

La toxicité maternelle, souvent banalisée, devient le terreau de traumatismes psychiques et de schémas répétitifs à l’âge adulte.

Ce que Jung a vu : la mère comme archétype

Carl Gustav Jung a profondément étudié le rôle symbolique de la mère dans la construction de l’individu. Il ne parlait pas seulement de la mère biologique, mais d’un archétype : une image profonde inscrite dans l’inconscient collectif.

La mère peut être :

  • Celle qui nourrit, soutient et sécurise,

  • Ou celle qui engloutit, étouffe et empêche l’individuation.

"Tout ce qui ne remonte pas à la conscience revient sous forme de destin."— Carl Gustav Jung

Quand la relation mère-enfant est toxique, l’ombre de la mère devient un frein à la liberté intérieure.

Quand l’amour devient une cage dorée

Certaines mères transmettent bien plus que des gestes tendres.Elles transmettent, sans toujours s’en rendre compte :

  • des injonctions ("Sois forte", "Fais plaisir", "Ne me trahis jamais"),

  • des peurs héritées ("Le monde est dangereux", "Tu ne peux compter que sur moi"),

  • des rôles faussés ("Tu es mon confident", "Ma seule raison de vivre").

Alors l’enfant s’adapte. Il devient celle ou celui qu’on attend de lui. Mais à quel prix ? Celui de l’oubli de soi, du refoulement des émotions authentiques, de la peur constante de décevoir.

"Les enfants blessés deviennent des adultes qui saignent partout où ils ne sont pas guéris."— Brené Brown

Le chantage affectif : culpabiliser pour mieux tenir

Le chantage affectif est une forme insidieuse de manipulation. Il ne frappe pas avec des mots durs. Il chuchote avec douceur :

  • "Tu sais, sans toi je ne suis rien…"

  • "Je me suis sacrifiée toute ma vie pour toi."

  • "Tu fais ce que tu veux… mais tu me brises le cœur."

"La dette affective est une prison dont on ne sort que par le pardon… de soi."— Inconnu

Même lorsque la mère n’est plus là physiquement, sa voix intérieure continue d’agir comme un frein.

Les séquelles d’une mère toxique

Voici ce que je retrouve régulièrement chez les femmes (et certains hommes) ayant grandi avec une mère toxique :

  • 🔹 Dépendance affective : incapacité à être seul(e), recherche constante de validation.

  • 🔹 Auto-sabotage : sentiment d’indignité, peur d’être “trop” ou “pas assez”.

  • 🔹 Difficulté à poser des limites : peur du conflit, tendance à se suradapter.

  • 🔹 Culpabilité omniprésente : impression de ne jamais faire assez, même en donnant tout.

"Il faut parfois désobéir à l'amour reçu pour découvrir l'amour que l’on mérite."— Jean-Yves Leloup

Se libérer : le processus d’individuation

Pour Jung, la guérison passe par un processus essentiel : l’individuation.C’est le moment où l’on sort de la fusion avec la figure parentale pour devenir soi, pleinement.

Cela implique :

  • de reconnaître que ce que j’ai vécu n’était pas normal,

  • de remettre en question les croyances héritées,

  • de poser des limites,

  • et surtout, d’apprendre à être sa propre mère soi-même, avec bienveillance et solidité.

"Guérir, ce n’est pas accuser l’autre. C’est choisir de ne plus laisser ses blessures nous définir."— Lise Bourbeau

Et maintenant ?

Si tu te reconnais dans ces lignes, sache que tu n’es pas seul(e).Et surtout : ce n’est pas une fatalité.

Comprendre ces mécanismes, c’est déjà reprendre du pouvoir. C’est commencer à faire le tri entre ce qui t’appartient et ce qu’on t’a imposé. C’est t’offrir la possibilité de te reconstruire, à partir de toi, et non plus contre toi.

"Tu n’as pas à haïr celle qui t’a blessé. Tu as juste à arrêter de la laisser diriger ta vie."— Anonyme

Tu mérites un amour qui ne soit pas une dette. Tu mérites d’exister pour toi, pas pour apaiser les blessures d’un autre.

Et cette liberté-là, elle commence peut-être aujourd’hui. Si ce travail t’appelle n’hésites pas à me contacter .

Christophe Fournier Desbonnet




 
 
 

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