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la toxicité conversationnelle

L'histoire et le décodage

La toxicité ce sont des paroles avant toute chose.

Quand on écoute et plus même lorsqu'on entend les personnes de notre entourage, amis, famille, on s'en rend compte.

Notre première impression sur la personne fait beaucoup lorsqu'on écoute son corps, ses pensées, mais ce n'est pas toujours le cas.

Derrière un sourire, un « je t'aime bien », il y a des choses tranchantes, des introjections de la manipulation, et on peut tomber très loin.

Ce que je vous partage c'est un exemple que l'une de mes patientes a vécu dernièrement, et avec qui nous avons travaillé en séance. Elle m'a donné la totale permission de retranscrire le tout. Parfois on passe à côté de choses, mais quand on ouvre les yeux on doit réagir rapidement pour se respecter, pour se protéger.

Il y a deux ans, Marlène rencontre Isabelle en vacances, lors de son séjour en Dordogne, par l'intermédiaire d'amis. Elles passent la journée ensemble, repas, balade à Sarlat, un petit resto, elles échangent beaucoup. Sa première impression : sympa, mais... oui il y avait déjà un mais qui l'agaçait. Les « tu dois pardonner », « moi j'ai pardonné, j'ai fait des lettres », « tu devrais faire ceci ou cela »... Bref, déjà là il y a un truc, mais elle passe au-dessus parce que sinon on ne rencontre personne.

Au fur et à mesure des mois, les échanges, les introjections étaient de plus en plus fortes, les critiques aussi. Le pompon a été la critique sur sa tenue lors d'un mariage où elles se sont revues, et le « moi je suis médium, pas toi ». À la suite de cela elle a pris ses distances illico.

Puis quelques mois après, elles ont rééchangé, mais comme d'habitude Marlène s'aperçoit d'une certaine toxicité : Isabelle fait des leçons à tout va, « moi j'ai eu les 5 blessures de l'âme », « moi j'ai fait une nuit noire de l'âme », « moi j'ai ma flamme jumelle »... Bref ça commence à la gaver, un peu plus à chaque fois.

Un dimanche, Isabelle lui envoie un message disant qu'il faut qu'elles se parlent, qu'elle a eu sa grand-mère en contact défunt au marché, qu'elle ne comprend pas certaines choses. Du coup Marlène rappelle, et là Isabelle lui baragouine un truc qu'elle sait pertinemment faux, puisqu'il y a des années elle lui avait posé la question directement à sa grand-mère. Bref, elle laisse tomber.

Et puis la semaine se passe, et le vendredi soir elle reçoit un long message sur le répondeur qui est totalement le pompon.

Ce message est un cas d'école de manipulation et de toxicité relationnelle. Il illustre parfaitement comment une personne peut utiliser la culpabilisation, le jargon spirituel et l'inversion des rôles pour tenter de garder le contrôle ou de blesser.

L'infantilisation

« Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu fais ta crise d'adolescence ? »

En qualifiant une prise de distance saine de "crise d'adolescence", elle cherche à faire passer Marlène pour quelqu'un d'immature, et à disqualifier ses émotions ou ses besoins de recul.

Le faux désintérêt et l'agressivité vulgaire

« Moi, tes machins, tes trucs, j'en ai rien à foutre. Tu vas bien, tu vas bien, je m'en fous. »

C'est une tentative de protection de son propre ego. Elle prétend s'en foutre pour ne pas montrer qu'elle est blessée par le silence — qui au passage dure depuis 6 jours, mais on n'appelle pas ses amies tous les jours — tout en utilisant un ton agressif qui contredit totalement sa prétendue "bienveillance" à venir.

La menace voilée et la manipulation par le mystère

« J'ai tiré les cartes et crois-moi, j'ai vu des choses par rapport à toi. Tu ne sais pas tout... »

C'est l'utilisation de l'ésotérisme comme outil de pouvoir, l'abus spirituel. En sous-entendant qu'elle détient des informations secrètes ou des prédictions grâce aux cartes, elle cherche à créer de l'insécurité et de l'angoisse pour que Marlène revienne vers elle afin de savoir de quoi il s'agit. Ce qu'elle a déjà fait avec l'histoire de la grand-mère.

« Ras-le-bol d'aller chercher les gens. [...] Je ne cours plus après les gens. »

Elle se pose en victime qui fait tous les efforts, alors que son message transpire l'intrusion. Elle inverse la dynamique pour faire porter le chapeau du "méchant" qui rejette la gentille personne qui prend des nouvelles. Au passage, les derniers échanges étaient les appels de Marlène.

Le "Spiritual Bypassing" — la fausse lumière comme arme

« Je dis bien les choses, tout en étant dans la bienveillance. [...] Unissons-nous dans la 5ème dimension. Tu y es ? Tant mieux. Tu n'y es pas ? Tant pis pour toi. »

C'est le point culminant de la toxicité du message. Elle utilise des concepts spirituels élevés — Jésus, Marie, 5D, éveil, union — pour masquer une attaque personnelle. Le coup de la "5D" est un outil d'arrogance spirituelle : elle se place au-dessus de Marlène, décrétant que si elle s'éloigne, c'est qu'elle est inférieure spirituellement ("tant pis pour toi"). C'est une manière passive-agressive d'excommunier l'autre de sa réalité, tout en se donnant le beau rôle de la sainte.

La suite est tout aussi fascinante, car lorsque Marlène a reçu cela, elle était en train de dîner avec des amis.

La culpabilisation immédiate face à la vie sociale

« Encore !!! Bon appétit et profite à fond... »

Le « Encore !!! » est une pique passive-agressive. Traduction : "Toi, tu t'amuses, tu as une vie, pendant que moi je trône dans mon coin." Elle tente de faire culpabiliser Marlène d'avoir une vie sociale, pour ensuite feindre de s'effacer derrière un rôle de "mamie d'amour".

La projection et l'arrogance spirituelle

« Ras-le-cul de courir après des gens qui n'évoluent qu'avec leur ego blessé... J'avance vers ma souveraineté que la divinité m'a prescrite... »

C'est l'hôpital qui se moque de la charité. Elle accuse Marlène d'évoluer avec un "ego blessé", alors que c'est son propre ego qui vient de se prendre un mur parce qu'on lui a posé des limites. Elle utilise le mot "souveraineté" et convoque carrément "Dieu" pour s'auto-valider. Se prétendre guidée directement par le divin lui évite d'avoir à se remettre en question : si elle est investie d'une mission divine, alors c'est forcément l'autre qui est dans l'erreur.

Le "Channeling" comme outil d'emprise — le message de "Sananda"

Le long texte qu'elle envoie ensuite, prétendument dicté par "Sananda" — un grand classique du mouvement New Age, Maîtres Ascensionnés — est un outil d'intimidation psychologique majeur.

Le texte parle de "guérir les mémoires lourdes", d'en finir avec les "manifestations d'emprise" et de "transmuter les épreuves". Le paradoxe : elle envoie un texte qui dénonce l'emprise... pour essayer de faire de l'emprise. Elle se positionne en "être éveillé" et envoie ce pavé doctrinal pour faire comprendre que si Marlène se détache d'elle, elle passe à côté de la "nouvelle ère de délivrance". C'est de la récupération de concepts thérapeutiques et spirituels dévoyés pour servir une guerre d'ego.

Le lendemain : le "Scud" émotionnel et le renversement des rôles

« Hier soir tu m'as appelé, je n'étais pas dispo du tout. À l'instant je viens de recevoir une très mauvaise nouvelle... C'est pourquoi je ne suis pas en capacité de parler... »

C'est le coup de grâce manipulatoire. Alors que Marlène prend ses distances et voulait s'expliquer, Isabelle revient vers elle avec un drame d'une violence extrême — la mort brutale d'une cousine éloignée.

Pourquoi fait-elle ça ? Pour saturer l'espace émotionnel de l'autre. En plaçant la barre de la souffrance aussi haut, elle rend les limites et le besoin de distance de Marlène totalement "insignifiants" ou "égoïstes" à ses yeux. On ne remet pas en cause la mort de la cousine, c'est juste une constatation du mécanisme.

Le piège : elle dit qu'elle n'est pas en capacité de parler, mais c'est elle qui écrit ce pavé pour décharger son choc émotionnel. Elle termine par « j'essaie de te revenir à toi dès que je peux », une manière de garder le fil à la patte, de s'assurer que la porte reste ouverte, et de faire culpabiliser Marlène si elle la bloque alors qu'elle vit un drame.

La suite dans la partie 2 — pourquoi le silence et le blocage sont parfois la seule réponse saine. 

 

Face à cet enchaînement de manipulations, Marlène a choisi la seule option qui permettait de briser le cycle : le silence et le blocage radical. Mais pourquoi est-ce si difficile à faire ? Pourquoi ces mécanismes de défense de l'autre sont-ils si puissants ? C'est ce que nous décortiquerons dans la deuxième partie de cette étude de cas, demain."

PARTIE 2 — Pourquoi se taire et bloquer

Hier, dans la première partie, je vous exposais le cas de Marlène face à la toxicité manifeste d'Isabelle. Nous avons décrypté ensemble la mécanique du message reçu : infantilisation, abus spirituel et culpabilisation. Aujourd’hui, nous allons dépasser le récit pour comprendre pourquoi le blocage est la seule réponse thérapeutique possible face à ces profils.

La réponse à tout cela doit être le néant, la prise de recul, l'analyse — comme on vient de le faire ensemble.

Pourquoi ? Parce que face à une personne toxique, mettre son nez dans son caca ne sert à rien.

Ce cas pratique montre comment une personne toxique change constamment de casquette pour ne jamais perdre le contrôle :

  1. D'abord l'agresseur — "tu fais ta crise d'adolescence"

  2. Puis la sainte — guidée par Dieu et Sananda

  3. Et enfin la victime d'un drame absolu — pour forcer l'empathie

C'est un décodage de ce que j'appellerais « l'emprise spirituelle par la culpabilisation ».

Autant vous dire qu'aujourd'hui Isabelle n'a plus accès à quoi que ce soit de Marlène, et que Marlène ne s'est absolument pas justifiée.

Pourquoi ? Parce que se justifier serait un mécanisme de projection malsain. Dire ce qu'on pense, balancer les choses à la personne, ou faire une analyse, servirait juste à mettre un euro dans la machine. Avec ces personnes vous n'avez jamais le dernier mot dans ce genre d'échange. Elle ne parle pas de vous. Elle parle d'elle, de son ego blessé, de son besoin d'attention, de son incapacité à se remettre en question.

Marlène ne s'est pas justifiée, et m'a demandé ce que je pensais d'un blocage. Bien entendu Isabelle doit être dans un état de colère noire — bon, ok, ne pas faire de supposition — mais les personnes qui fonctionnent dans :

  • l'inflation du Moi

  • la victimisation

  • la manipulation émotionnelle

  • la spiritualité toxique

... ne supportent pas qu'on leur retire l'accès à l'énergie des autres.

Ces personnes ne s'en rendront jamais compte. Parce que pour se rendre compte, il faut :

  • de l'introspection

  • de l'humilité

  • de la responsabilité

  • de la maturité émotionnelle

Et dans ce cas elle n'est pas là-dedans. Elle est dans :

  • « moi je »

  • « je sais mieux que toi »

  • « je suis en 5D »

  • « tu es en 3D »

  • « je te fais un tirage sans ton consentement »

  • « tu dois évoluer »

Pourquoi se taire et bloquer ?

  • Si tu expliques → elle se victimise

  • Si tu te justifies → elle te retourne tout dessus

  • Si tu te défends → elle attaque

  • Si tu poses une limite → elle dramatise

  • Si tu bloques → elle s'agite, puis elle disparaît

Le blocage, c'est la seule langue que ces personnes comprennent.

Voilà ce que je voulais partager, parce que souvent cette question me revient : comment se manifeste la toxicité ?

 

En conclusion, se protéger n'est pas un acte de fermeture, mais un acte de souveraineté personnelle. Rappelez-vous : vous n'avez aucune obligation de fournir une explication à ceux qui ne cherchent pas à comprendre, mais à vous soumettre. Le silence est parfois le plus puissant des outils thérapeutiques.

Et vous ? Avez-vous déjà dû poser une limite radicale pour protéger votre espace intérieur ?

Si vous vous sentez coincé(e) dans un schéma relationnel qui vous épuise et que vous souhaitez, vous aussi, déconstruire ces mécanismes pour retrouver votre liberté, je vous accompagne avec bienveillance dans ce travail de libération. N'hésitez pas à me contacter en message privé pour en discuter. »

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Christophe Fournier Desbonnet

Accompagnant vers la libération et l'épanouissement

Psychopraticien & Médium

Transformer l'épreuve en force de vie.



 
 
 

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